Italie – Jeunes, protagonisme et témoignage : Le P. Fabio Attard en dialogue avec le MSJ à la Basilique du Sacré-Cœur

La soirée a été ouverte par le P. Francesco Marcoccio, Recteur de la Basilique du Sacré-Cœur, qui a salué les personnes présentes, rappelant la valeur du charisme salésien et son lien essentiel avec les jeunes et le chemin éducatif de l’Église.

Dans son discours d’introduction, Benedetta Rinaldi a partagé un témoignage personnel, évoquant son expérience au sein du Mouvement Salésien des Jeunes et reconnaissant combien la joie, les sourires et le soutien qu’elle y a reçus ont profondément marqué son parcours personnel et professionnel. D’où la première question posée au Recteur Majeur : comment vivre aujourd’hui son identité chrétienne dans un monde qui décourage souvent la confrontation et récompense la popularité ?

Le P. Fabio Attard a répondu en situant la question dans le contexte actuel, marqué par la fragilité et la peur, mais aussi par une forte soif de sens. Le monde a changé, a-t-il affirmé, mais les jeunes n’ont pas perdu la capacité de rechercher un bonheur authentique. Dans ce contexte, le groupe salésien n’est pas un refuge face au monde, mais un « creuset » qui forge le caractère et prépare à affronter la réalité avec une force intérieure, capables de témoigner sans agressivité ni compromis.

Revenant au thème du groupe, l’animatrice de la rencontre a souligné le risque que les expériences vécues par les jeunes s’estompent ou deviennent autoréférentielles. Le P. Attard a répondu clairement : « un groupe salésien authentique est par essence « en sortie » ». Ce n’est pas un lieu qui retient, mais un environnement qui encourage la responsabilité et le partage. Le groupe, a-t-il souligné, ne se contente pas de proposer des activités, mais tisse des liens et forme des personnes capables de se mettre au service.

À cet égard, le Recteur Majeur a partagé des expériences vécues dans divers contextes internationaux – de l’Espagne à l’Amérique Latine – évoquant des jeunes qui choisissent de « donner » ce qu’ils ont reçu dans les oratoires et les centres de jeunes. Ces gestes sont souvent silencieux, mais empreints d’une force évangélique, faisant du groupe une lumière et un soutien pour les plus fragiles.

Le dialogue a ensuite atteint son point culminant à l’occasion de la deuxième question : « Comment pardonner, même quand on ne le souhaite pas ? » Le P. Attard a précisé que le pardon n’est pas le fruit d’un effort volontaire. Pardonner ne signifie pas nier la douleur ni justifier le mal, mais choisir de ne pas rester prisonnier de la blessure. Souvent, a-t-il expliqué, le pardon est une décision qui précède le sentiment : confier à Dieu ce que le cœur ne peut encore dénouer. C’est un chemin qui a besoin de temps, de vérité et d’un accompagnement, mais il rend l’avenir possible, même au sein des groupes.

Dans cette perspective, le Recteur Majeur a souligné que l’expérience de groupe n’est pas une chose du passé, mais un héritage vivant. Non pas une phase à archiver, mais un héritage éducatif et spirituel qui continue de guider les choix, les relations et les responsabilités au fil du temps.

La troisième question, posée par Benedetta Rinaldi, portait sur le thème du protagonisme des jeunes, souvent réduit à la visibilité et à la réussite personnelle. Le P. Attard a précisé que, dans le charisme salésien, le leadership signifie assumer de véritables responsabilités. Don Bosco confiait de véritables missions aux jeunes car il croyait en leurs capacités : la figure de Michel Rua, appelé à diriger un oratoire à seize ans à peine, en est emblématique. Être protagoniste ne se résume pas aux apparences, mais consiste à servir et à construire.

La rencontre s’est conclue par une question des jeunes sur l’expérience d’accompagnement du P. Fabio Attard auprès des jeunes dans son ministère. Avec simplicité et gratitude, le Recteur Majeur a décrit l’accompagnement comme l’une des expériences les plus exigeantes et les plus enrichissantes : marcher aux côtés sans prendre le dessus, en respectant le temps et la fragilité. Dans les relations avec les jeunes, a-t-il ajouté, ce sont souvent les éducateurs qui se transforment : les jeunes éduquent les adultes à l’espérance. 

Dans l’esprit du Triduum et en préparation de la Fête de Don Bosco, la rencontre a offert un message clair : seuls les jeunes capables de pardon, de responsabilité et de joie peuvent devenir de véritables signes d’espérance dans le monde d’aujourd’hui.

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