Ukraine – Un baptême à Zaporijia : Des ténèbres des prisons russes à la lumière de l’amour de Dieu
L’« histoire » est celle d’un soldat qui défendait sa patrie et qui, à un moment donné, est devenu prisonnier de guerre. « Après des mois de torture et après avoir vécu tout le drame que cette expérience implique – explique l’Évêque gréco-catholique de Donetsk – il est inévitable qu’une personne commence à réfléchir au sens de la vie, du sacrifice et de la souffrance. Tout cela conduit souvent à rechercher une puissance supérieure, à chercher Dieu, quelqu’un qui est au-delà du drame humain de l’existence ». La quête de Dieu devient particulièrement intense lorsqu’on est confronté à de grandes souffrances. « Je crois – observe Mgr Ryabukha – que son intérêt pour Dieu est né précisément pendant son incarcération ».
« Après la grâce d’avoir été libéré à la suite d’un échange de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine, il est rentré chez lui, mais cette profonde quête de Dieu est restée vivante dans son cœur – a poursuivi l’Évêque.
À ce moment-là, quelque chose a changé dans sa vie. Il a commencé à rechercher d’autres personnes ayant connu l’emprisonnement, qui avaient le courage de témoigner de cette épreuve et la force de promouvoir une redécouverte de Dieu. Sa recherche s’entremêle avec une autre histoire, celle du P. Bohdan Heleta, un religieux rédemptoriste qui, avec un autre confrère, le P. Ivan Levytskyi, fut emprisonné dans les prisons russes pendant un an et huit mois, partageant ce drame avec de nombreux autres détenus, militaires et civils. En bref, « un prisonnier parmi les prisonniers ». Après cette expérience, le P. Heleta devient le promoteur d’une initiative : un parcours d’aide et de soutien même spirituel pour ceux qui avaient vécu la même expérience.
Le soldat a trouvé l’annonce et a décidé d’y participer. À son retour chez lui, il a contacté le curé d’une paroisse gréco-catholique de Zaporijia et a demandé à être baptisé, car il ne l’avait jamais été. Il avait grandi dans une famille athée, dans la tradition soviétique, et n’avait jamais envisagé de chercher Dieu. Pendant deux mois, le P. Oleksandr Bohomaz l’a préparé à recevoir le sacrement. Ce fut un chemin de lumière et de libération intérieure. « Par la lecture des Saintes Écritures – a raconté l’Évêque – il a découvert le plan merveilleux que Dieu a pour l’humanité et l’amour paternel dont Il accompagne chaque pas de l’homme à travers l’histoire millénaire. Tout cela a renforcé son amour pour Dieu et lui a donné le courage de dire « oui » à la foi chrétienne, de se reconnaître comme enfant de Dieu et de désirer désormais suivre les pas de Jésus ».
Son baptême est devenu un message d’espérance pour toute la communauté. Mgr Ryabukha le définit donc comme « un petit signe de victoire : la victoire de Dieu sur le mal que nous rencontrons au quotidien. Une victoire porteuse d’une forte espérance, qui donne un sens à la vie et même à la souffrance. Je crois que Jésus n’a jamais abandonné aucun d’entre nous. Ce que nous avons chanté et vécu il y a quelques jours à Noël, proclamant que Dieu est avec nous, Emmanuel, s’est incarné et est devenu présent dans la vie de cet homme. Et pour nous tous, c’est une raison supplémentaire de ressentir et d’exprimer notre gratitude envers Dieu ».
Source : SIR