Le peuple du Myanmar a perdu beaucoup des sécurités – la paix, ses moyens de subsistance, la stabilité et même l’attention internationale – mais il n’a pas perdu la présence de Dieu. Comme nous le rappellent les Psaumes, « Le Seigneur est près de ceux qui ont le cœur brisé ». Dans les villages vidés par la guerre, dans les camps de personnes déplacées, au milieu des larmes silencieuses des mères et de la persévérance des catéchistes et des religieux, Dieu continue de marcher avec son peuple ».
« Deuxièmement – explique le Cardinal – les pauvres eux-mêmes sont devenus des signes d’espérance. Au Myanmar, les pauvres continuent de partager le peu qu’ils possèdent ; les familles continuent de prier ensemble ; les jeunes continuent de faire du bénévolat, de servir et de rêver d’un avenir meilleur. L’Église reste proche des souffrants, par l’éducation, les soins de santé, l’aide humanitaire et une médiation silencieuse. Ce ne sont pas des signes spectaculaires, mais ce sont des signes de l’Évangile, comme la graine de moutarde ».
Troisièmement, le Cardinal Bo souligne que « la fidélité de l’Église est en elle-même une espérance. Lorsque l’Église rejette la haine, rejette la violence et continue de parler le langage de la réconciliation et de la dignité humaine, elle devient un sacrement d’espérance. Même lorsque le monde semble indifférent, l’Église au Myanmar continue de croire que la violence n’aura pas le dernier mot ».
En outre, si l’indifférence semble se manifester de la part de la communauté internationale, « cela ne signifie pas un abandon de la part de Dieu, qui œuvre souvent dans les lieux oubliés. Le Myanmar peut se sentir négligé, mais il n’est pas oublié dans le plan de Dieu. Le sang des innocents, les prières des souffrants et la résilience des fidèles ne sont pas vains ».
L’Archevêque salésien remarque ensuite : « L’espérance au Myanmar est un devoir moral. Perdre l’espérance, ce serait abandonner l’avenir à la violence et au désespoir. L’espérance chrétienne nous donne la force de résister à l’injustice par la non-violence, de protéger la vie, d’éduquer les enfants même en exil et de préparer le terrain pour la réconciliation, bien avant la signature des accords de paix ».
« Le Myanmar espère – souligne-t-il – non pas parce que la situation est facile, mais parce que Dieu est fidèle. Et tant qu’il y aura des personnes qui prient, pardonnent, servent et refusent la haine, l’espérance demeure au Myanmar ».
Particulièrement face à la violence généralisée, aux souffrances et aux déplacements de population, le Cardinal Bo remarque que « les communautés continuent de se soutenir mutuellement. Et les leaders religieux, notamment chrétiens, bouddhistes et musulmans, continuent de plaider pour la paix ».
Les communautés chrétiennes du Myanmar, catholiques et protestantes, soutenues par les organisations œcuméniques, conclut le Cardinal, « s’engagent activement dans les efforts de construction de la paix et de la réconciliation à différents niveaux ». Les responsables continuent de lancer des appels à la fin des violences, invitant les citoyens à s’engager pour la réconciliation et le pardon. Partout dans le Pays, les Églises organisent des rencontres de prière interreligieuses pour la paix, et ces initiatives « ravivent et promeuvent un cadre de coexistence ».



