Comment offrir aux étudiants une formation complète, qui les prépare aux réels défis de leur vie professionnelle et personnelle ? Depuis 15 ans, le programme d’Architecture et d’Urbanisme du Centre Universitaire Teresa d’Ávila (UNIFATEA) de Lorena, dans l’État de São Paulo, relève ce défi par le projet « Casa Real », qui associe l’excellence de la formation professionnelle des étudiants à la promotion d’une action sociale transformatrice.
Une histoire à succès
Comme le rappelle le professeur qui coordonne le programme, José Ricardo Flores Faria, le projet est né presque en même temps que le programme d’Architecture et d’Urbanisme, lancé en 2010 : « En 2011, nous avons organisé la première édition, encore sous forme d’exposition d’architecture et d’urbanisme, installée et ensuite démontée. Dès 2013, elle s’est transformée en un véritable projet visant à une action sociale, à vocation salésienne. Nous avons cherché une institution nécessitant une rénovation, et la première fut la Maison de Retraite « Maria di Nazareth ». Nous avons rénové tous les espaces, à l’exception des chambres des personnes âgées ».
Ce fut un grand succès et, grâce à l’impulsion des Filles de Marie Auxiliatrice, qui soutiennent l’UNIFATEA, le projet Casa Real s’est poursuivi tous les deux ans, par la rénovation, en 2015, des locaux du Centre Lorena pour les Personnes Malvoyantes et, en 2017, de la Maison de Soins de Longue Durée « Vila Vicentina de la Sainte Famille ».
À partir de 2019, la proposition initiale a été reformulée. En plus de devenir un événement annuel, Casa Real a commencé à aider des familles dans le besoin en périphérie de Lorena. « Dès cette année-là, nous avons adopté le thème du logement décent et entrepris la rénovation des maisons de personnes en situation de précarité sociale », explique le professeur. Ces familles sont actuellement indiquées par la Caritas Diocésaine de Lorena, devenue partenaire du projet. « Les familles doivent répondre à des critères bien précis : elles doivent être propriétaires et se trouver en situation de précarité liée à leur logement ».
« Lorsque la formation professionnelle rencontre la solidarité, le savoir sort des salles de classe et transforme des vies ».
Comment fonctionne le projet Casa Real ?
Chaque année, les étudiants de quatrième année du programme d’Architecture et d’Urbanisme sont responsables du projet « Casa Real ». Ils sélectionnent la famille bénéficiaire parmi celles recommandées par Caritas ; mènent des entretiens pour cerner leurs besoins en matière de logement ; photographient et mesurent la maison ; effectuent une inspection pour évaluer les coûts et les matériaux nécessaires ; élaborent l’ensemble du projet de rénovation, qui est ensuite revu et ajusté avec la famille ; lancent une campagne de collecte de fonds, aussi bien financiers que matériels ; et enfin, ils supervisent l’exécution des travaux, en résolvant les problèmes et les imprévus qui surviennent.
« Ce qui est important, c’est que lorsque nous rencontrons ces jeunes désormais Diplômés en Architecture et Urbanisme, ils ont beaucoup de beaux souvenirs liés à ce projet. Parce qu’il les touche profondément, parce qu’il fait du bien aux autres, et aussi parce qu’il est vraiment concret, un véritable travail où ils sont pleinement responsables de travailler en équipe, de la gestion des difficultés et des imprévus, et de la satisfaction du client dans les délais impartis », explique le professeur Flores Faria. Il souligne que ces étudiants, lorsqu’ils arrivent en cinquième et dernière année du programme, trouvent plus facilement des stages et des emplois dans des studios d’architecture et d’ingénierie, car ils possèdent déjà une expérience professionnelle concrète dans le secteur.
Impact social
Le coordonnateur du cours estime que l’impact social significatif du projet est un autre élément distinctif de la formation des étudiants, car ils comprennent clairement comment ils peuvent transformer la vie des autres grâce à leurs qualifications professionnelles. « Ce que nous avons constaté au fil des ans, c’est que l’impact de Casa Real dépasse largement l’esthétique et l’amélioration de l’espace physique. Il englobe le système de drainage et d’égouts, les rénovations visant à prévenir les infiltrations et les moisissures, ainsi que les questions d’hygiène ».
Le professeur se souvient, par exemple, du cas d’une maison qui ne disposait que de toilettes, sans salle de bain complète. Le seul robinet, situé à l’extérieur, servait à tout pour la famille : aller chercher de l’eau pour se laver, faire la vaisselle et laver le linge. « Ainsi, une fois la rénovation terminée, l’impact sur la qualité de vie de ces personnes est bien évident ; cela ouvre de nouvelles perspectives à cette famille, et C’est très gratifiant », ajoute-t-il.
Solidarité et communion
Il convient également de souligner la mobilisation de la communauté éducative : les étudiants organisent des collectes de fonds lors d’événements scolaires et les professeurs se portent volontaires pour le projet. À cela s’ajoute la forte contribution de la société civile, les entreprises partenaires faisant don de matériaux de construction, d’équipements, de mobilier, etc.
Lors de la dernière édition du projet, en 2025, même une boulangerie s’est associée à l’initiative, offrant café et en-cas aux personnes travaillant sur le chantier !
« Je crois que l’essence de ce projet réside dans l’alliance de l’aspect pratique, du travail de terrain, avec une attention portée aux autres et une écoute attentive, afin d’offrir à la famille bénéficiaire non pas un logement de luxe, mais un logement digne, adapté à ses besoins et à ses souhaits », conclut le professeur de l’UNIFATEA.
Ana Cosenza,
avec des informations d’André Brazil – Communication UNIFATEA
Source : Bulletin salésien du Brésil



