La présentation s’adressait aux éducateurs, parents, tuteurs, professeurs, catéchistes, chefs scouts et autres, connectés de Viana do Castelo, Loulé, Braga, Funchal, Cerveira, Moura, Portimão, Figueira da Foz, Porto, Lisbonne et Mirandela, confirmant ainsi le vif intérêt suscité par ce sujet dans les écoles, les milieux de jeunesse et la société en général.
Plusieurs études nationales et internationales ont mis en évidence une augmentation statistique de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes. Parallèlement, la prise de conscience de ce problème s’accroît. La psychologue Rosário Costa a expliqué que, bien que présente également chez les plus jeunes – même chez les enfants du primaire -, l’anxiété est plus fréquente à un âge plus avancé, lorsque la capacité de rationalisation et la conscience de soi sont plus développées. « Cette prise de conscience accrue a également motivé davantage de personnes à consulter un médecin », a observé la psychologue. Reconnaissant qu’il est parfois difficile de « décrire et d’identifier les frontières entre les différents types » de problèmes, Rosário Costa s’est efforcée d’identifier les facteurs génétiques, psychologiques, environnementaux et sociaux, et de dissiper certains mythes et fausses idées sur le sujet.
La psychologue a également présenté des outils pour gérer l’anxiété en milieu éducatif : diverses techniques de conscience de soi et de réflexion, des techniques de respiration et de relaxation, des jeux de rôle, des scans corporels, la visualisation positive, des activités de groupe et des jeux de confiance, afin d’explorer certains des outils que les éducateurs peuvent étudier et utiliser.
Un bon réseau social de soutien est essentiel
La dépression est une maladie qui est de plus en plus fréquente chez les jeunes depuis plusieurs années. António Rodrigues a identifié les premiers signes « négatifs et constants » de la dépression chez les jeunes, tels que « une perte de plaisir, un manque d’énergie et d’espoir » et « le sentiment que l’avenir ne peut être que le même, voire pire ».
« Aujourd’hui, la prévalence de la maladie est de 8 à 16 % dans la population mondiale », a-t-il déclaré. « La dépression est actuellement la deuxième cause d’invalidité dans le monde et devrait devenir la première d’ici 2030 ».
António Rodrigues explique cette augmentation par un ensemble de facteurs. Une sensibilisation accrue, le vieillissement de la population et une exposition plus importante aux facteurs de stress, notamment les réseaux sociaux, sont quelques-uns des éléments qui y contribuent, selon le psychologue. « La dépression est très invalidante. La personne est incapable de se projeter dans l’avenir. Ce n’est pas une simple saute d’humeur, elle n’a pas la même volatilité ; en cas de dépression, cela est impossible. La dépression est une maladie grave », poursuit-il. « Il existe diverses causes – génétiques, hormonales et liées à un événement de vie – qui peuvent déclencher une dépression. Il ne faut pas la confondre avec une faiblesse de caractère ou une limitation », insiste le psychologue, soulignant qu’il s’agit d’une stigmatisation souvent partagée même par les personnes qui en souffrent. Pour António Rodrigues, il y a une « distorsion de la réalité avec une surstimulation de l’idéal et une sous-stimulation de l’image de soi ». Le psychologue est convaincu que, dans ces cas, un traitement pharmacologique est nécessaire et qu’« il n’existe pas de traitements rapides ».
Réseaux sociaux et santé mentale des enfants et des jeunes
L’importance d’un solide réseau de soutien social et de la prévention primaire a été réaffirmée par les deux spécialistes. Le public, suivant l’événement à distance, a pu poser des questions aux deux intervenants, qui ont également fourni leur aide à travers des suggestions de ressources utiles et de signes avant-coureurs.
L’influence des réseaux sociaux sur la santé mentale des enfants et des jeunes a également été abordée par plusieurs participants. Rosário Costa a souligné que les écoles ont mis en place certaines règles ces dernières années. Selon la psychologue, les changements introduits « ont reçu un accueil positif » de la part des écoles. Dans ce domaine, António Rodrigues a expliqué : « Nous essayons aussi de sensibiliser les jeunes à ce qui est positif et à ce qui est négatif. Parfois, ils manquent d’esprit critique ». « Et les jeunes ont beaucoup de difficultés à s’autoréguler et une grande difficulté à gérer la frustration », a ajouté Rosário Costa.
Enfin, le Directeur Éditorial de « Salesianos Editora », le P. Rui Alberto, a remarqué que l’intérêt suscité par « Santé mentale des jeunes : reconnaître pour accompagner » et le webinaire est un signe que le public est attentif à ce sujet. « C’est déjà un pas en avant », a-t-il affirmé. Le prêtre salésien a également souligné que la publication de cette œuvre vise à être une aide aux éducateurs, facile à lire, et ne doit pas se substituer au recours à une aide spécialisée.
Source : Salésiens du Portugal



