Inde – Au revoir au P. Job Kallarackal, pionnier salésien qui a ouvert ls missions en Arunachal Pradesh
Son décès a été annoncé par le P. Joseph Pampackal, Supérieur de la Province salésienne « Saint François de Sales » en Inde-Dimapur (IND). « C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons le décès du P. Job Kallarackal, survenu le 11 avril 2026 à 2h50 », a écrit le Provincial dans un communiqué officiel. Ses paroles ont été suivies de condoléances de la part de toute la communauté provinciale, qui souhaitait rendre hommage à la vie courageuse et dévouée du P. Kallarackal, ainsi qu’à sa vision de l’éducation qui a transformé les populations tribales de l’ensemble de cet État frontalier.
Le P. Kallarackal restera dans les mémoires comme l’un des premiers missionnaires ayant ouvert la voie à l’Église Catholique en Arunachal Pradesh, à une époque où le christianisme était soumis à des restrictions dans cette région.
Il s’est engagé pour la création d’écoles, de foyers et de chapelles dans les villages, garantissant ainsi aux enfants des tribus l’accès à l’éducation et des opportunités de croissance. Sa mission ne se limitait pas à l’évangélisation, mais visait également l’autonomisation des communautés par l’alphabétisation, les soins de santé et l’amélioration des conditions sociales.
Mgr George Pallipparambil, SDB, de Miao, se souvenant de son compagnon de mission, a déclaré : « Le P. Job Kallarackal était un véritable pionnier. Il est arrivé en Arunachal Pradesh alors que l’Église cherchait encore un soutien. Son courage et sa simplicité ont gagné la confiance du peuple, et sa vision de l’éducation a jetéles bases de la présence catholique dynamique que nous connaissons aujourd’hui ».
Outre sa mission pionnière, le P. Kallarackal était un prédicateur de retraites très recherché. Ses homélies et ses conférences spirituelles étaient réputées pour leur profondeur, leur simplicité et leur capacité à relier l’Écriture à la vie quotidienne. Il a animé des retraites pour les prêtres, les religieux et les fidèles laïcs dans tout le nord-est de l’Inde et à l’étranger, laissant une empreinte spirituelle durable sur les nombreux participants, qui ont trouvé en lui un guide et un compagnon pour leur chemin de foi.
Le P. C.C. José Champarathy, d’Itanagar, un autre Salésien qui a partagé son parcours missionnaire, a rappelé que le P. Kallarackal était bien plus qu’un simple missionnaire. « Il était une figure paternelle pour d’innombrables jeunes – a-t-il souligné. « Il croyait en la promotion des vocations autochtones, et de nombreux prêtres et religieuses aujourd’hui attribuent leur vocation à ses encouragements et à son exemple ».
Aujourd’hui, l’héritage du P. Kallarackal continuera à vivre à travers les institutions qu’il a contribué à bâtir, les retraites qu’il a animées et les communautés qu’il a servies. Son esprit pionnier continuera sans aucun doute d’inspirer les Salésiens et les laïcs qui poursuivent la mission en Arunachal Pradesh.
Le catholicisme est arrivé dans cet État indien grâce aux jeunes qui ont embrassé la foi lors de leurs études dans les écoles salésiennes d’Assam et d’autres États du nord-est.
À l’époque, le christianisme et l’activité missionnaire étaient interdits en Arunachal Pradesh, mais les premiers catholiques et catéchistes ont résisté aux restrictions et aux persécutions, restant fidèles à leur foi et la proclamant dans les villages.
La graine de la foi a pris racine sous la direction de missionnaires comme le P. Kallarackal, dont l’esprit l’a conduit au-delà des frontières, jusque dans les villages de l’ouest de l’Arunachal Pradesh.
Vers la fin du XXe siècle, le christianisme a connu une croissance rapide dans l’État, passant de moins de 1 % de la population en 1971 à plus de 30 % lors du recensement de 2011. Les estimations actuelles situent ce chiffre au-dessus de 40 %.
Le christianisme s’est répandu principalement parmi les tribus autochtones grâce au travail missionnaire, à l’éducation et à l’action sociale. L’Église catholique romaine est donc la confession la plus nombreuse, avec environ 180 000 membres, suivie par d’importantes communautés baptistes.