Angola – L’appel de Léon XIV pour un Pays bâtisseur de justice et de paix : « Angola, reste fidèle à tes racines chrétiennes !»

Le Saint-Père a atterri dans la ville à 9 h 16, heure locale. Des enfants et des adultes enthousiastes l’ont accueilli, agitant des mouchoirs blancs et levant les bras, devant de petites maisons et des cabanes modestes, séparées par des chemins de terre poussiéreux.

Sa première rencontre a eu lieu dans une maison de retraite, un établissement financé par le gouvernement accueillant une soixantaine d’hommes et de femmes malades, abandonnés ou victimes de maltraitance de la part de leur famille, accusés de sorcellerie. Léon y est resté près d’une heure, saluant toutes les personnes présentes, écoutant leurs témoignages et appréciant les chants et les danses. « Les personnes âgées ne doivent pas seulement être aidées, elles doivent avant tout être écoutées, car elles sont les gardiennes de la sagesse d’un peuple », tel fut le message central de son discours, accueilli avec satisfaction et émotion par toutes les personnes âgées et le personnel du centre.

Mais ce n’est pas tout : le Pape Prévost a exprimé d’autres messages à garder : « J’aime à penser que Jésus habite aussi ici, dans cette maison », a assuré le Pape. « Oui, il demeure parmi vous chaque fois que vous essayez de vous aimer et de vous entraider comme des frères et sœurs ». Et, s’adressant aux autorités angolaises, il les a exhortées : « La prise en charge des personnes fragiles est un signe très important de la qualité de la vie sociale d’un pays ».

Après ce rendez-vous, quittant la paisible maison de banlieue, la papamobile a entamé son parcours vers l’esplanade aménagée pour la Messe, avec un bref arrêt à la Cathédrale Notre Dame de l’Assomption pour un moment de prière et d’adoration du Saint-Sacrement.

Dès son arrivée sur l’esplanade, des chants et des applaudissements ont retenti, redoublant d’intensité lorsque la voiture du Pontife a fait un tour parmi les fidèles abrités sous des parapluies. Quarante mille personnes étaient présentes pour célébrer et se sont rassemblées au début de la célébration, tandis que vingt mille autres se trouvaient à l’extérieur de la zone réservée.

Dans l’homélie de la Messe, le Pape a commenté le passage de l’Évangile selon Jean concernant l’abondance du « pain de vie » et a expliqué combien la logique du monde, vouée à « consommer des objets », diffère de la logique généreuse et aimante du Christ envers l’humanité : « Il nous enseigne la bonne manière de rechercher le pain de vie ».

C’est pourquoi il a dénoncé : « Aujourd’hui, en effet, nous voyons que de nombreux désirs des gens sont frustrés par les violents, exploités par ceux qui veulent s’imposer sur les autres à tout prix, et trompés par la richesse. Lorsque l’injustice corrompt les cœurs, le pain de tous devient la possession de quelques-uns ». 

Pour le Pape, toute dynamique qui entrave la fraternité, créée par le Rédempteur, s’oppose à celle de la Résurrection : « Toute forme d’oppression, de violence, d’exploitation et de mensonge nie la résurrection du Christ, don suprême de notre liberté ».

Mais face à ces maux, l’ancre du salut est toujours Jésus, et le Saint-Père l’a clairement rappelé : « Le Christ écoute le cri des peuples et renouvelle notre histoire : de chaque chute, il nous relève ; dans chaque souffrance, il nous réconforte ; dans la mission, il nous encourage ».

C’est pourquoi, à la fin de son homélie, il a lancé un appel à toute l’Église nationale : « L’Église en Angola grandit à la mesure de cette fécondité spirituelle qui commence par l’Eucharistie et se poursuit dans la prise en charge complète de chaque personne et de tout le peuple ». Puis, avant de quitter l’esplanade, il a adressé un dernier encouragement aux catholiques du Pays : « Angola, reste fidèle à tes racines chrétiennes ! Ainsi, tu pourras continuer à apporter toujours mieux ta contribution à l’édification de la justice et de la paix en Afrique et dans le monde entier ».

Le soir même, le Saint-Père est retourné à Luanda, la capitale du Pays, où, dans la paroisse Notre-Dame de Fatima, il a rencontré des évêques, des membres du clergé, des religieux et des agents pastoraux. Il a souligné le courage de l’Église angolaise qui « dénonce le fléau de la guerre », mais a également averti : « Cet engagement n’est pas terminé ! »

Il a aussi exhorté à contribuer à une société fondée sur la liberté et l’égalité et a souligné l’importance des catéchistes, « une source d’inspiration pour les communautés catholiques partout dans le monde ». Il a ensuite réitéré la nécessité d’« éclairer les fidèles », en valorisant la formation continue et en veillant à la cohérence de la vie, mais surtout en ces temps difficiles, en persévérant « dans la proclamation de la Bonne Nouvelle de paix ».

Et, sans oublier une nouvelle mise en garde contre « l’illusion dangereuse de la superstition », il a souligné l’importance de la communion et du service, par des mots qui ne laissent aucune place à l’interprétation : « Nourrissez la fraternité entre vous avec franchise et transparence, ne cédez pas à l’arrogance et à l’égocentrisme, ne vous détachez pas du peuple, en particulier des pauvres, fuyez la recherche des privilèges ».

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