Italie – Les algorithmes au service de l’humanité : le modèle salésien définit des limites pour la technologie

Le jeudi 28 mai après-midi, à partir de 15h00, l’événement « GO beyond traditional education » se tiendra à l’Institut Salésien « San Zeno » de Vérone. Il ne s’agit pas d’une conférence sur les promesses de l’IA, mais plutôt d’un témoignage d’expériences concrètes qui ont déjà eu lieu en classe. Les hauts dirigeants internationaux de Google for Education viendront écouter les expériences des écoles salésiennes italiennes : une première, en Italie, où l’IA est systématiquement intégrée dans les salles de classe à l’échelle d’un réseau d’écoles.

En un an, le nombre de professeurs concernés est passé de 700 dans la Région des Trois Vénéties à plus de 1 600 dans toute l’Italie. Ce qui compte, ce ne sont ni les réunions ni les directives, mais les cours dispensés quotidiennement par les professeurs du primaire, du secondaire et de la formation professionnelle.

L’étude menée par le P. Michal Vojtáš, SDB, pour l’Université Pontificale Salésienne, a analysé 1 375 cours réellement dispensés en classe et recueilli les impressions de 29 171 élèves. Le résultat le plus significatif est simple : après l’avoir expérimentée, 86 % des professeurs se disent prêts à utiliser l’IA de façon permanente pour accompagner leur enseignement. Et là où on craint généralement une standardisation, les professeurs constatent l’effet inverse : une augmentation de 40 % de la créativité des contenus. Les bénéfices sont doublés lorsque l’IA ne remplace pas le cours, mais accompagne de nouvelles méthodes d’enseignement.

La particularité de l’expérience salésienne ne réside pas dans son ampleur, mais dans une limite. Alors que le débat public oscille entre technophobie et adoption non critique, l’expérience salésienne introduit la notion de « technologie à durée déterminée ». Il ne s’agit pas d’une interdiction, mais d’une hiérarchie des valeurs : l’IA enrichit l’apprentissage, mais s’arrête là où commence la relation éducative authentique. Ce n’est pas la machine qui s’arrête, mais l’institution qui réaffirme la primauté du contact humain sur l’interface, une frontière qui transforme « Gemini » d’une potentielle distraction en une ressource maîtrisée.

Amanda Rosenburg (Staff User Experience Researcher, New York), Marco Berardinelli (Google for Education Italie) et Anna Artemyeva (HE Lead EMEA & APAC / Regional Lead [Royaume-Uni, Irlande, Italie, Asie centrale) participeront à l’événement du 28 mai au nom de Google for Education, aux côtés de trois conseillères régionales pour l’éducation d’Italie du Nord : Valeria Mantovan (Vénétie), Alessia Rosolen (Frioul-Vénétie Julienne) et Simona Tironi (Lombardie). Le projet entame ainsi sa deuxième année.

Une école qui conçoit des milliers de cours à travers l’IA et décide des domaines où son utilisation est limitée ne se contente pas de suivre la technologie ; elle la maîtrise.

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