Le 24 juin, solennité de la Nativité de Saint Jean-Baptiste et date si chère à la tradition de Valdocco, le Successeur de Don Bosco a rappelé qu’il ne s’agit pas d’une date comme les autres, mais d’un jour empreint de souvenirs, d’affection et de signification spirituelle. En effet, le 24 juin, les jeunes de l’Oratoire avaient spontanément exprimé leur gratitude envers Don Bosco, dans une atmosphère véritablement familiale.
La gratitude : une dimension spirituelle du Système Préventif
Le Recteur Majeur a souligné que la gratitude n’est pas un accessoire, ni un élément purement émotionnel de la spiritualité salésienne, mais qu’elle appartient au cœur même du charisme. Elle représente une véritable dimension spirituelle, éducative et pastorale, à tel point que l’on peut dire que le Système Préventif se comprend de l’intérieur précisément à partir de la gratitude.
Être reconnaissant – a-t-il expliqué – c’est reconnaître qu’une vocation naît d’une histoire de grâce. Le charisme n’est pas une possession, mais un don reçu et confié à la responsabilité de chacun. Personne n’est maître du charisme salésien : chacun lui est redevable.
La gratitude devient ainsi un « acte de vérité » : reconnaître que sa vie a été accompagnée de visages, de rencontres, de médiations et même d’épreuves à travers lesquels le Seigneur a tissé le chemin personnel et communautaire.
Don Bosco : un fils avant d’être un père
Évoquant la figure de Don Bosco, le P. Attard a mis en lumière un aspect souvent négligé : le Saint de la Jeunesse a su se laisser éduquer. De Maman Marguerite, du P. Calosso et du P. Cafasso, il a appris une humble docilité face à l’action de Dieu.
Il n’y a pas de fécondité charismatique sans humilité filiale – a-t-il déclaré – ni de véritable paternité spirituelle sans accepter d’être fils. Le souvenir reconnaissant de ceux qui nous ont générés dans la foi et la vocation préserve la vérité de la mission.
De même, Don Bosco a su répondre avec foi à l’initiative de la Providence : il n’a pas fondé une œuvre uniquement sur des stratégies humaines, mais a interprété la réalité avec un regard spirituel, voyant chez les jeunes non pas un problème, mais un appel.
Une gratitude qui engendre l’engagement
La gratitude, cependant, n’est ni nostalgie, ni sentimentalité. Elle est génératrice. Si elle est authentique, elle se traduit par un engagement.
Don Bosco ne s’est pas contenté d’enseigner aux jeunes à dire « merci », mais a créé un environnement où la gratitude devenait un mode de relation et un principe éducatif. Le jeune aimé apprenait à faire confiance ; le jeune respecté apprenait à respecter. L’ingratitude, au contraire, endurcit le cœur dans la prétention et étouffe l’émerveillement.
La maturité – a souligné le Recteur Majeur – ne consiste pas à être indépendant de tout et de tous, mais à reconnaître librement le bien reçu et à le transformer en bien partagé.
La gratitude comme style de gouvernance
Une part importante de la réflexion était consacrée au thème de l’autorité. La gratitude – a-t-il déclaré – doit devenir le style du Recteur Majeur et de tous ceux qui sont appelés à gouverner.
Sans gratitude, l’autorité risque de perdre son visage évangélique. Elle rappelle au responsable qu’il est au service d’un bien reçu, et non propriétaire d’un bien qu’il a lui-même produit. L’autorité authentique naît de la confiance, non de l’appropriation.
Concrètement, la gratitude se traduit par une écoute attentive, le respect, la discrétion, la capacité de corriger sans humilier et la fermeté sans rigidité. C’est un style qui rend l’autorité humainement belle et évangéliquement crédible, à l’image de la paternité de Don Bosco.
Une culture de la reconnaissance et la sobriété évangélique
Le Recteur Majeur a également souligné l’importance de la gratitude envers les bienfaiteurs, qui prennent part à la mission salésienne. La gratitude envers eux n’est pas de la diplomatie, mais une justice spirituelle.
Elle enseigne aussi la sobriété et l’usage transparent et responsable des biens confiés : ceux qui reconnaissent un don ne le gaspillent pas, mais le préservent au service des jeunes et des pauvres.
« Ici, nous sommes tous à Don Bosco »
En conclusion, le P. Attard a repris la célèbre devise de Charles Gastini : « Ici, nous sommes tous à Don Bosco ». Une expression qui exprime non seulement une appartenance affective, mais aussi une conscience spirituelle : la salésianité est le fruit d’un don, une tradition vivante, une grâce qui traverse les générations.
Le 24 juin n’est donc pas seulement la célébration d’un nom, mais celle d’une relation qui, depuis Valdocco, s’est répandue dans le monde entier. À une époque marquée par l’individualisme et la méfiance, la gratitude peut devenir un véritable chemin éducatif et spirituel, capable de générer – a-t-il conclu – une humanité plus saine, plus libre et plus heureuse.
Par son « mot du soir », le Recteur Majeur a ainsi offert à la Famille Salésienne non seulement une réflexion pour la célébration, mais aussi une orientation pour le chemin : vivre la mission comme une réponse reconnaissante à une grâce reçue.
Le texte intégral du Mot d Soir du Recteur Majeur est disponible en cinq langues en bas de page.
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