Après son arrivée à l’Aéroport International de Mengomeyén, près de Mongomo, le Pontife s’est rendu à la cathédrale de l’Immaculée Conception et a présidé la Messe pour les milliers de chrétiens arrivés pour l’occasion.
Avant d’entrer dans l’église, le Pontife a béni la première pierre pour la construction de la future cathédrale « Cité de la Paix ». Puis, dans son homélie, prononcée en espagnol – la langue nationale -, le Saint-Père a expliqué que proclamer l’Évangile peut parfois coûter la persécution, comme le rappelait la lecture des Actes des Apôtres. Mais l’Évangile selon Jean, a-t-il souligné, réaffirme que le Christ « ne nous fera pas manquer les signes de sa présence », en étant pour nous « le pain de vie » qui rassasiera notre faim.
Dans un Pays riche en gisements de pétrole et de gaz naturel, le Saint-Père a également encouragé la création d’« espaces de liberté » en préservant la dignité humaine, en particulier celle des plus fragiles : les pauvres, les familles en difficulté et les prisonniers, « contraints de vivre dans des conditions d’hygiène et de santé inquiétantes ».
C’est pourquoi, à la fin de son homélie, le Pape a invité les chrétiens de Guinée Équatoriale à « poursuivre l’œuvre commencée par les missionnaires il y a 170 ans », en bâtissant un « avenir d’espérance, de paix et de réconciliation ».
Après la célébration, avant de partir pour Bata, le Pape a inauguré et visité l’École technologique « Pape François », un établissement d’enseignement situé à Mongomo, à quelques mètres de la Basilique, et portant le nom du Pontife argentin.
Dans la ville côtière densément peuplée de Bata, considérée comme la capitale économique du Pays, Léon XIV s’est d’abord rendu dans un lieu de souffrance – la prison de la ville – apportant, comme toujours, son message de paix et d’espérance.
La prison de Bata est l’une des plus grandes de Guinée et peut accueillir mille détenus. Actuellement, elle en compte plus de 650, hommes et femmes. À tous, le Saint-Père a adressé le message le plus libérateur qui soit : « Personne n’est exclu de l’amour de Dieu ! Chacun de nous, avec son histoire, ses erreurs et ses souffrances, continue d’être précieux aux yeux du Seigneur ».
Ses paroles ont touché le cœur des personnes présentes qui, malgré la pluie, ont dansé et chanté, en exclamant à plusieurs reprises : « Libertad ! Libertad !»
L’Évêque de Rome a également insisté sur la notion de « véritable justice », qui « ne cherche pas tant à punir qu’à aider à reconstruire la vie des victimes, comme celle des coupables, ainsi que celle des communautés meurtries par le mal ». Et à ceux qui ne pensent qu’à « l’emprisonnement », il a également montré la voie de « l’inclusion ». « Vous aussi, vous faites partie de ce Pays », a-t-il déclaré. « Vos familles, vos communautés et votre foi constituent une grande force pour cette nation ».
Ainsi, après avoir insufflé aux prisonniers la flamme du courage, de la fierté et de l’espoir, il les a exhortés avec force à se donner la chance d’un nouveau départ : « La vie ne se définit pas uniquement par les erreurs commises, qui sont généralement le résultat de circonstances difficiles et complexes : il y a toujours la possibilité de se relever, d’apprendre et de devenir une nouvelle personne ».
Plus tard dans la journée, l’Évêque de Rome a rendu hommage au monument commémorant les souffrances et les sacrifices des victimes de l’explosion survenue à la base militaire de Nkoantoma en 2021, qui a fait au moins 107 morts et plus de 600 blessés. Après être descendu de la voiture qui l’accompagnait, il s’est recueilli en silence, les mains jointes et la tête baissée, pour un bref instant de prière silencieuse. Il a ensuite béni ce lieu, témoin des cicatrices encore vives d’une tragédie dont les causes profondes demeurent inconnues.
Enfin, lors de sa dernière rencontre de la journée avant son retour à Malabo en soirée, le Saint-Père s’est entretenu avec des jeunes et des familles au stade Bata. Le Pape a écouté attentivement les témoignages de la population locale, évoquant les difficultés rencontrées par les femmes au travail et celles liées au parcours du mariage.
Pour sa part, s’adressant avec ferveur aux milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes présents, Léon XIV a retracé l’histoire et les traditions de la Guinée Équatoriale, en commençant par les coutumes et les symboles par lesquels chaque groupe exprime son identité : « C’est l’héritage lumineux et exigeant dont vous, chers jeunes, êtes appelés à être, dans la foi, le fondement de votre avenir et de celui de cette terre. L’avenir vous appartient ! » a-t-il déclaré.
Ensuite, le Pontife s’est adressé aux nombreuses familles présentes : « Elles sont le terreau fertile dans lequel l’arbre jeune et fragile de votre croissance humaine et chrétienne plonge ses racines ». Être époux et parents, leur a-t-il dit, est une « mission passionnante », à vivre au quotidien dans une alliance qui se renouvelle, en devenant « artisans, avec Dieu, du miracle de la vie, bâtisseurs de bonheur (…) Préparez-vous à vivre cet appel comme un chemin d’amour véritable, qui grandit dans la liberté un chemin d’espoir qui naît de la certitude que Dieu ne vous abandonne pas, un chemin de sainteté qui recherche toujours le bien et le bonheur de l’autre ».