Le « Nous » qui surprend : le P. Mattia et le théâtre d’Emanuele Fant
La cérémonie d’ouverture de samedi a été un « coup » au cœur et à la tête. Emanuele Fant, professeur et artiste, a brisé la glace en transformant la scène en salle de classe et la salle de classe en théâtre : une conférence-performance qui a su interpeller l’auditoire sans jamais l’ennuyer.
Immédiatement après, la parole a été donnée au P. Mattia Ferrari, aumônier de l’ONG « Mediterranea Saving Humans », engagée dans le sauvetage des migrants en mer. Il s’est exprimé tout au long de son discours au pluriel : un « nous » constant, né de la prière et d’un travail concret au milieu des vagues. Au cœur de son intervention se trouvaient deux symboles incontournables : l’Eucharistie et la Croix du Christ, vécues non comme des concepts abstraits, mais comme des boussoles pour celles et ceux qui choisissent de se tenir aux côtés des derniers.
Un Poker de Femmes : Quand la Paix a le visage du courage
Le dimanche 8 mars au matin, Journée Internationale des Femmes, la table ronde « Bâtisseuses de Paix » a présenté un véritable poker de témoignages de femmes qui ont captivé l’auditoire. Animée par Fabio Carminati, journaliste pour Avvenire, cette table ronde a permis à quatre femmes de partager leurs expériences sur la construction d’un avenir de paix :
Daniela Pompei, Responsable de la Communauté de Sant’Egidio et créatrice des Couloirs Humanitaires, a rappelé que la sécurité passe par un accueil légal et que l’intégration est un processus continu.
Gemma Flaha, dentiste syrienne arrivée en Italie grâce aux Couloirs Humanitaires, a évoqué les difficultés et l’humilité rencontrées pour se reconstruire, notamment son retour à l’école afin de retrouver son identité et sa dignité.
Lucia D’Anna, violoncelliste italienne qui vit à Jérusalem, a expliqué par visioconférence comment la musique peut être un « pont culturel » et un espace neutre où même ceux qui ont été élevés dans la haine peuvent se reconnaître comme des êtres humains.
Enfin, Sara Sechi, Secrétaire Exécutive de « Don Bosco International », a souligné son engagement à porter des messages et des perspectives de paix au Parlement Européen, en transformant le charisme salésien en propositions législatives concrètes pour les droits des mineurs et des jeunes.
Un désir qui ne s’arrête pas là
Entre les cours de l’Institut Salésien et les maisons des familles de Brescia qui ont accueilli les jeunes, l’atmosphère était à la fois sérieuse et fraternelle. De nombreuses questions ont été soulevées, mais il y avait aussi une forte volonté d’aller au-delà des apparences et, surtout, un désir d’écouter plus profondément.
Comme l’a rappelé le Directeur de l’œuvre salésienne de Brescia, le P. Damiano Galbusera : « La violence nous surprend lorsqu’elle est « à grande échelle », mais nous ne réalisons pas toujours comment elle attaque nos cœurs par les mots, sur les réseaux sociaux et dans le silence. À l’instar du « Serviteur souffrant » d’Isaïe, nous sommes appelés à ne pas répondre à la violence par la même violence, afin de ne pas remettre son mécanisme en marche. Le message du Forum est le suivant : oser le pardon ».
À en juger par les expressions des jeunes après la Messe et la Veillée animées par la Chorale du MSJ, la leçon a été retenue : la paix n’est pas une option diplomatique, mais un choix quotidien de « désobéissance à la résignation ». Et cet « échange de signes de paix » n’a jamais sonné aussi sérieux.
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