L’événement a rassemblé 80 participants autochtones – 40 élèves du secondaire (de la 9e à la 12e année) et 40 élèves techniques spécialisés en électricité, communication et médias, secrétariat et informatique – représentant les peuples Jarai, Tampung, Kreng, Kraveth et Lun. Ils étaient accompagnés de 10 personnes âgées Cha-Thom, favorisant un dialogue intergénérationnel enrichissant qui a combiné les compétences technologiques des jeunes et la sagesse ancestrale. Cette initiative est parrainée par « ROOTS Asia », le Réseau Catholique des Peuples Autochtones d’Asie, et la Fondation « Don Bosco » du Cambodge.
Conçu pour favoriser le travail d’équipe intergénérationnel et renforcer la communication entre les groupes autochtones, le programme a placé les jeunes autochtones au cœur du leadership. À travers la création d’une vidéo, d’une chanson et d’une danse, les participants ont exprimé leur identité culturelle de manière dynamique et créative. La méthodologie a dépassé les modèles d’ateliers conventionnels, formant des « intellectuels organiques » – des leaders émergents des communautés autochtones – capables de guider le renouveau spirituel et culturel de leurs peuples.
Au centre « Don Bosco Kep », où la majorité des élèves sont issus de milieux ruraux, l’éducation est conçue comme un espace de nature, de tradition et de spiritualité enraciné dans les cultures locales. Le Système Préventif Salésien est contextualisé à travers l’interculturalité et l’inculturation, affirmant la sagesse ancestrale comme voie de formation. Contrairement aux modèles éducatifs qui marginalisent souvent les identités autochtones, cette formation a favorisé la réconciliation et l’émancipation, garantissant la préservation et le renforcement des traditions, des langues et de la spiritualité.
Au cours des séances, les personnes âgées ont partagé leurs connaissances sur les plantes médicinales, les rituels ancestraux tels que les mariages et les funérailles, ainsi que leurs réflexions sur la préservation de l’identité autochtone dans le contexte de la mondialisation, tandis que les jeunes ont traduit ces enseignements en productions multimédias. Le programme s’est conclu par une visite du mont Kampong Trach Kiri, où un homme âgé local – gardien de grottes ancestrales témoins du passé cambodgien, notamment de la période des Khmers Rouges – a souligné le lien sacré entre la terre, la mémoire et la foi. Cette formation a réaffirmé le rôle de l’éducation comme espace où l’identité autochtone n’est pas effacée, mais célébrée et enrichie pour l’avenir.