Le phénomène en chiffres
L’intérêt pour la foi catholique chez les adultes et les adolescents en France ne cesse d’augmenter depuis des années, et les baptêmes administrés la nuit de Pâques en sont un indicateur significatif. En 2021, par exemple, on comptait déjà 4 895 baptêmes d’adultes ; mais cela signifie surtout qu’en cinq ans, le nombre de baptêmes d’adultes a plus que quintuplé.
Parallèlement, même le nombre de baptêmes chez les adolescents croît rapidement. En 2017, seuls 1 385 adolescents ont demandé le baptême. Cette année, ce nombre a explosé pour atteindre 8 152. En effet, les générations plus âgées ne représentent qu’une petite partie du total : seulement 1 % des baptêmes d’adultes concernent des personnes âgées de plus de 65 ans. Au contraire, les milléniaux et la Génération Z dominent les statistiques : la grande majorité (82 %) des adultes baptisés ont entre 18 et 40 ans, avec une prédominance chez les 18-25 ans, suivis de près par le groupe des 26-40 ans. En termes de genre, les femmes constituent le segment le plus important, représentant environ 62 % du total.
Ce phénomène est si intéressant que l’Archidiocèse de Paris a convoqué un concile local d’un an pour l’étudier et l’approfondir. Dans le même temps, la Conférence Épiscopale Française a effectué une vaste enquête sur le sujet (1 450 catéchumènes interrogés, de 60 diocèses différents), révélant que 40 % d’entre eux avaient entamé leur chemin vers le baptême « à la suite d’une difficulté », cherchant donc un sens plus profond à leur vie ; et près d’un tiers des personnes interrogées (32 %) ont déclaré avoir vécu une expérience spirituelle puissante qui les a conduits à demander le Baptême.
Témoignages de jeunes des milieux salésiens
Violette, 24 ans, Lille : « Le premier pas est le plus compliqué »
« Étudiante à Lille, j’ai demandé la confirmation après avoir reçu le sacrement du baptême en mars 2024. Si trouver ma place dans l’Église me semblait en premier lieu être une tâche difficile, j’ai eu la chance de me forger de très belles amitiés en me mettant au service de la communauté. Le premier pas, que l’on fait seul, est donc le plus compliqué. Mais j’encourage les jeunes à prendre sur eux, et à oser. Osez proposer votre aide au sacristain ou au prêtre de votre paroisse, osez vous rapprocher des autres jeunes, des groupes de prières, des chorales, d’un groupe de musiciens pour animer la Messe…
S’il est vrai qu’un chrétien seul est un chrétien en danger, les amitiés forgées dans l’amour du Christ sont une aide précieuse pour tenir le cap dans les moments compliqués. Mais avant tout, elles motivent ! Aujourd’hui, j’ai la joie d’avoir pour marraine de confirmation une étudiante qui m’accompagnait dans mon catéchuménat. D’abord sœurs dans la foi, puis amies, nous partons bientôt en pèlerinage sur les routes italiennes. Une nouvelle grâce, témoignage de l’amour que Dieu nous porte, qui me donne chaque jour davantage l’envie de l’aimer et de le suivre ».
Alexandre, 36 ans, enseignant à Don Bosco Landser (Alsace) : « Si ce chemin peut être difficile, je sais qu’il y aura toujours quelqu’un pour m’aider »
« Peu après la fin de la préparation au mariage avec le P. Pascal, salésien à Landser, j’ai commencé à ressentir une forme d’appel intérieur, comme si une partie de moi avait besoin d’aller plus loin sur ce cheminement et c’est là que j’ai commencé à ressentir la foi.
Le baptême a représenté, pour moi, non pas la fin de mon cheminement, mais une étape pour aller encore plus loin, me sentir encore mieux guidé, que ce soit par le Christ bien sûr, mais aussi par la communauté qui m’a entouré lors de la préparation au baptême et après au quotidien. Depuis mon baptême, je continue de cheminer au niveau de la foi, mais avec cette assurance que si ce chemin peut être difficile, il ne sera jamais solitaire et que, désormais, il y aura toujours quelqu’un pour m’aider.
Je vis aujourd’hui ma place de baptisé comme une force, un repère qui me permet de renforcer les liens avec ma famille, mes amis et même au travail. Concernant ma famille et mes amis, cela m’a appris à aimer sans juger, à soutenir sans compter. J’ai la chance de travailler avec des jeunes, et être baptisé me donne une force supplémentaire de tendre mon cœur vers les jeunes et leurs besoins, là où parfois, on peut en manquer, et baisser les bras.
Ce cheminement m’a aidé pour accompagner les jeunes, à mieux les comprendre là où ils sont. Je pense même qu’ils m’ont aidé, sans le savoir, dans mon cheminement. En effet, en les aidant à grandir, à s’épanouir, j’ai découvert la force que l’on peut donner à une personne, en croyant en elle ».
Ana Cláudia, 23 ans, Paris : « J’ai pu fortifier ma foi au fil des rencontres »
« Je m’appelle Ana Cláudia, j’ai 23 ans et je suis heureuse d’avoir fait officiellement mon entrée en catéchuménat le dimanche 12 octobre 2025 à la paroisse Saint-Jean-Bosco de Paris. Cette étape fait suite à ma demande des trois sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême, la confirmation et la communion. Née dans une famille catholique, j’ai toujours désiré être baptisée. Le souhait de ma mère que je devienne marraine de mon petit frère m’a motivée davantage encore. Dieu a toujours été présent dans ma vie ; il m’a montré son amour à travers les personnes rencontrées et m’a soutenue dans les épreuves.
Le parcours entamé depuis une année m’a permis de mieux comprendre le message de l’Évangile et la place de l’Église, ce corps dont le Christ est la tête. J’ai pu fortifier ma foi au fil des rencontres avec mon accompagnatrice et en groupe de catéchuménat par des prières, des partages et des temps d’enseignement.
Surtout, j’ai découvert qu’être chrétien, c’est vivre en communauté, faire connaissance avec des paroissiens si différents les uns des autres. Vivre à leurs côtés lors des célébrations eucharistiques et des journées de l’amitié renforce ma foi. Celle-ci me réconforte dans mes peines et me guide vers la lumière du Christ. Chaque jour, je demande à être convertie pour vivre dès à présent en enfant de Dieu, pour renaître dans son amour. Je serai baptisée durant la veillée pascale 2026. Une telle perspective m’emplit de joie, une joie immense, comme dit la chanson ».
Sources : ACI Stampa, Don Bosco Aujourd’hui



