Le jour de la fête de la Nativité de Saint Jean-Baptiste, date qui, depuis l’époque de l’Oratoire de Valdocco, coïncide avec la fête de Saint Jean Bosco, la communauté salésienne s’est réunie autour du Successeur de Don Bosco dans une atmosphère profondément fraternelle et chaleureuse. Une célébration simple dans sa forme, mais intense et solennelle dans sa participation, qui a placé toute la journée sous le signe de la gratitude et de la communion.
Aux côtés du P. Attard, plusieurs de ses confrères du Siège Central et des communautés directement confiées au Recteur Majeur célébrant des anniversaires significatifs de leur profession religieuse ou de leur ordination sacerdotale ont également été honorés : un signe supplémentaire que la gratitude personnelle s’inscrit toujours dans une reconnaissance plus large pour la fidélité vocationnelle vécue au fil du temps.
« La main du Seigneur était avec lui »
Au cœur de la célébration, l’homélie du Recteur Majeur a offert une clé spirituelle profonde pour comprendre non seulement la figure de Jean-Baptiste, mais aussi le chemin de Don Bosco et, aujourd’hui, celui de la Congrégation.
S’inspirant des versets de l’Évangile selon Luc – « La main du Seigneur était avec lui… L’enfant croissait, et se fortifiait en esprit. Et il demeura dans les déserts, jusqu’au jour où il se présenta devant Israël » (Luc 1, 66.80) -, le P. Attard a souligné comment toute vocation authentique naît de l’initiative de Dieu.
« La main du Seigneur – a-t-il souligné – précède, accompagne et envoie ».
La mission ne naît ni d’un projet humain, ni d’un talent personnel, mais d’un appel venant de l’Autre. Il en fut ainsi pour le Baptiste, il en fut ainsi pour Don Bosco : leur identité la plus profonde puisait sa source dans un choix divin qui les précédait et les soutenait même dans l’épreuve.
Grandir dans le temps : la grâce de l’unité
Le Recteur Majeur a ensuite rappelé le processus de croissance intégrale décrit par l’évangéliste Luc : croissance du corps et de l’esprit, de la nature et de la grâce. La sainteté – a-t-il rappelé – n’est pas un saut hors du temps, mais une maturation progressive.
Se référant explicitement à Don Bosco et à l’article 21 des Constitutions Salésiennes, il a réaffirmé le thème de la « grâce de l’unité », cette synthèse harmonieuse entre profondeur humaine et spirituelle qui rend la mission féconde.
Sans un terrain humain solide – fait d’humilité, d’écoute, de silence et de patience -, aucun charisme ne peut s’enraciner et perdurer. L
Le désert : condition de la fécondité
Le passage le plus incisif de l’homélie était consacré au thème du désert, entendu non comme un lieu géographique, mais comme une catégorie théologique : un espace de purification, d’essentialité, d’écoute de l’Essentiel.
« Quelle leçon pour nous aujourd’hui ! – a-t-il déclaré avec force. – Combien de propositions et de projets pastoraux échouent faute de respect pour le temps du désert ? Combien de confrères perdent en profondeur parce que le silence a été remplacé par l’activisme, l’intériorité par l’efficacité ? »
Le désert du Baptiste et les épreuves de Don Bosco deviennent ainsi un appel pour la vie salésienne aujourd’hui : redécouvrir une authentique qualité intérieure, apprendre à attendre sans désespérer, demeurer cachés sans oublier que c’est précisément là que la mission mûrit.
« La cohérence de la parole annoncée dépend de la qualité du silence qui la précède » a-t-il conclu.
Seule une voix formée par l’écoute peut porter du fruit.
Un message pour l’ensemble de la Congrégation
La célébration eucharistique a ainsi donné le ton à toute la journée de célébration : non seulement un hommage affectueux au Successeur de Don Bosco, mais aussi un renouvellement de la confiance pour la mission salésienne accordée à la « main du Seigneur » qui guide la Congrégation.
Dans l’atmosphère de prière et de fraternité vécue le matin, le message était clair : la clé mystique de la vie salésienne est de préparer la mission dans le silence de l’union à Dieu, car seul ce qui mûrit dans le secret peut porter du fruit pour les jeunes.
La célébration se poursuit l’après-midi par des moments d’hommage, l’Académie au théâtre de l’opéra et la prière des Vêpres ; mais c’est dans l’Eucharistie du matin que la communauté a trouvé sa source et sa direction : la gratitude, la communion et une fidélité renouvelée à la mission.
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