Dans son exhortation apostolique Gaudete et Exsultate, le Pape François parle d’un « appel à la sainteté que le Seigneur adresse à chacun d’entre nous » et qui s’exprime à travers diverses formes existentielles de témoignage : « Parmi les formes variées, je voudrais souligner que le « génie féminin » se manifeste également dans des styles féminins de sainteté, indispensables pour refléter la sainteté de Dieu en ce monde » (n ° 12).
Sr Eliane Anschau Petri, coordinatrice du Cours de spiritualité de l’Institut des FMA, dans son étude approfondie des témoignages du Procès canonique de Sainte Marie-Dominique Mazzarello, présentée dans le livre La santità di Marie-Dominique Mazzarello. Ermeneutica teologica delle testimonianze nei processi di beatificazione e canonizzazione (La sainteté de Marie-Dominique Mazzarello. Herméneutique théologique des témoignages dans les procès de béatification et de canonisation – Rome, LAS, 2018) approfondit la « forme de sainteté » de Mère Mazzarello, en soulignant diverses nuances qui, outre le fait de faciliter une compréhension personnelle de la Sainte de Mornèse, aident à saisir l’étendue de son héritage spirituel et à suivre son exemple :
« Par la canonisation des saints, l’Église entend offrir aux fidèles des modèles de sainteté. En ce sens, elle présente également les saints canonisés comme des maîtres de la vie spirituelle. Mais tous les saints ne sont pas également des maîtres spirituels. Marie-Dominique se présente comme une enseignante de la vie spirituelle par sa vie même et la simplicité de son vécu ».
L’une des caractéristiques distinctives de sa sainteté, approfondies par Sr Anschau Petri dans le sixième chapitre de ce volume, est précisément sa forte empreinte féminine et mariale :
Marie-Dominique, comme tant d’autres saintes, enrichit la sainteté de l’Église de sa sainteté féminine particulière. L’une des nuances de sa sainteté découle de sa nature même de femme : la femme est ontologiquement mère. Sa sainteté, comme nous l’avons vu précédemment, revêt une dimension maternelle, empreinte de douceur et de fermeté, de compréhension, de capacité de pardon, de tendresse et d’affection, de sollicitude pour « prendre soin » de la vie.
Les expressions des témoins expriment bien cet aspect de la sainteté de Marie-Dominique : elle se faisait « toute à toutes » ; elle aimait chacune d’un amour véritablement maternel. Le charisme spécifique de la femme est la génération. Vivant pleinement ce charisme, consacrée à sa mission éducative, Marie-Dominique Mazzarello était une mère, une sœur parmi les sœurs. Éducatrice sage et prudente, elle a conduit ses sœurs et les filles à Dieu. Elle a engendré la vie par sa propre vie.
La sainteté féminine trouve son prototype dans la figure de Notre-Dame, l’Immaculée Conception, « pleine de grâce », la « Sainte » par excellence, le modèle de tout chrétien, et particulièrement de toute femme. La sainteté de Marie-Dominique Mazzarello est intimement liée à son amour filial pour Notre-Dame. Toute sa vie fut un chemin constant vers une ressemblance toujours plus profonde avec Marie, mère et éducatrice des saints.
Dès son plus jeune âge, Marie-Dominique Mazzarello a trouvé en Marie une source d’inspiration, une aide, une enseignante, un modèle dans son témoignage héroïque de foi, d’espérance et de charité. Elle est la « fille » de Marie Immaculée, la « fille » de Marie Auxiliatrice, la « mère » de l’Institut, une sœur parmi sessœurs, et c’est dans ce lien marial, à travers ses titres de « fille », de « mère » et de « sœur », qu’elle puiseforce, sens et vigueur, c’est-à-dire de son chemin concret vers Marie, la mère de Jésus, la mère de l’Église et de chaque croyant.
Notre-Dame fut la formatrice, l’éducatrice et le guide de Marie-Dominique Mazzarello. Par sa « chiragogie », c’est-à-dire en la guidant par la main et en marchant à ses côtés, Marie a conduit la Sainte de Mornese à l’accomplissement de sa vocation féminine dans l’Église et dans le monde.
Marie-Dominique l’a suivie en tant que disciple intelligente et docile pour devenir une « mère » pour tous ceux qui lui étaient confiés et un témoin crédible de la sainteté pour tous, témoignant avec courage et radicalité de la suite de Jésus.
À l’heure de sa mort, Marie est une présence consolatrice et réconfortante. Marie-Dominique termine sa vie terrestre en chantant les louanges de celle qui fut sa mère et son guide sur le chemin de la sainteté : « Je veux aimer Marie, je veux lui donner mon cœur. Qui aime Marie sera heureux ». Elle termine sa vie en se confiant une fois encore à Marie, sachant que quiconque appartient entièrement à Marie appartient entièrement à Jésus.
La Bulle de canonisation de Mère Mazzarello se termine par une exhortation adressée à tous, et plus particulièrement aux Filles de Marie Auxiliatrice, qu’elle encourage sur le chemin d’une sainteté « possible », accessible dans les occupations ordinaires, à l’exemple de la Sainte Fondatrice : « d’Elle, elles apprennent la seule vraie science, qui – comme elle l’écrivait – consiste à faire de nous des saints ».
Source : cgfma.net.org